Journée inter-promotion à Vaux-le-Vicomte

Vendredi 12 juin, le château de Vaux-le-Vicomte ouvrait ses portes à une promotion un peu particulière — celle d'ATP-Formation, réunie pour une journée de partage hors les murs. Quitter l'atelier pour un jour, troquer les pinceaux et les solvants contre le grand air et la lumière naturelle : voilà le programme de cette journée inter-promotion qui s'est tenue le vendredi 12 juin dans l'un des plus beaux domaines de l'Île-de-France.

Une visite en liberté

La matinée a été consacrée à la découverte du château et de ses appartements grâce aux audiophones mis à disposition des visiteurs. Chacun a pu avancer à son propre rythme, s'arrêter devant un décor peint, une toile, un meuble ou un plafond ouvragé, en prenant le temps d'observer avec l'œil ce que la formation aiguise jour après jour.
Rappelons que Vaux-le-Vicomte est né de l'ambition d'un seul homme : Nicolas Fouquet, Surintendant des Finances de Louis XIV, qui réunit ici, entre 1656 et 1661, trois artistes appelés à révolutionner l'art français. Louis Le Vau conçoit un château au dôme ovale inédit, ouvert sur le paysage ; Charles Le Brun orchestre un décor intérieur d'une sophistication sans précédent, alliant peintures, stucs et allégories en un programme cohérent ; André Le Nôtre trace des jardins à la française d'une ampleur et d'une rigueur qui feront école — Versailles en sera l'héritier direct. Le 17 août 1661, Fouquet inaugure le domaine par une fête éblouissante. Trois semaines plus tard, il est arrêté sur ordre du roi. Le Vau, Le Brun et Le Nôtre, eux, sont aussitôt appelés à Versailles pour reproduire — et amplifier — ce qu'ils venaient d'accomplir ensemble.

Pique-nique dans les jardins de Le Nôtre

À la mi-journée, la joyeuse compagnie s'est retrouvée dans le parc pour un pique-nique en plein air, à l'ombre de cette géométrie monumentale que Le Nôtre a tracée pour Fouquet. Un moment de convivialité, de rires et d'échanges, entre apprenants de promotions différentes, entre passionnés partageant la même exigence du geste et du regard. Et parmi eux, des anciens. Des alumni d'ATP-Formation avaient fait le déplacement pour retrouver l’équipe et celles et ceux qui leur ont succédé. Leur présence a donné à cette journée une dimension supplémentaire : celle de la transmission, de la continuité, du fil invisible qui relie les générations d'une même école.

Dessin en plein air avec Marion Dumaine

L'après-midi a réservé sa plus belle surprise : des séances de dessin en plein air animées par Marion Dumaine, notre formatrice. Dans le parc, crayons et carnets en main, chacun s'est confronté à l'exercice exigeant — et jubilatoire — de saisir sur le papier un jet d'eau, une perspective de charmilles, une balustrade de pierre. Dessiner, c'est apprendre à voir encore différemment. C'est l'œil qui commande à la main, et la main qui oblige l'œil à revenir, à préciser, à renoncer à ce qu'il croyait avoir vu. Marion a guidé, encouragé, et laissé faire. Le reste appartenait à chacun.

Une journée comme un ancrage

Au terme de cette journée, ce qui restera sans doute n'est pas seulement le souvenir d'un château magnifique ou d'un après-midi ensoleillé. C'est ce sentiment d'appartenir à une communauté de personnes pour qui l'art n'est pas une abstraction, mais une matière vivante à conserver, à préserver, et à transmettre. Merci à toutes et tous d'avoir fait de cette journée un moment aussi riche.

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